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Plus qu'un apprentissage de la lecture : une éducation à la lecture. Une démarche novatrice permettant la découverte par les enfants de 5 à 8 ans de notre système de lecture-écriture. Marie-Joëlle Bouchard.

04 mars 2006

APPRENDRE A LIRE COMME ON APPREND A PARLER?

Avant son entrée à l’école, l’enfant a commencé à parler et à travers cet apprentissage spontané, il a développé des capacités et des compétences, celles-ci peuvent être exploitables et transférables à l’apprentissage de la lecture.

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Le livre que j’ai publié en 1991 chez Hachette-Education était intitulé « Apprendre à lire comme on apprend à parler » et le choix de ce titre peut s’expliquer de différentes manières. Je pense d’abord qu’il existe un lien très fort entre ces deux types d’apprentissage. J’ai souvent pu constater que les enfants qui ont un bon niveau de langage et qui ont développé une réflexion sur l’oral, ont rarement des problèmes de lecture, tant du point de vue de l’acquisition de la technique combinatoire, que de la compréhension d’histoires et de textes.

A l’inverse, ceux qui ont travaillé sur les problèmes d’illettrisme (Alain Bentolila entre autres) ont montré que ce phénomène touche essentiellement les personnes qui ont un niveau de langage très rudimentaire, un langage que je qualifierais d’utilitaire.

Enfin si certains disent que le langage oral est naturel, alors que l’écrit doit être enseigné, il semble que ce ne soit pas aussi simple. Les enfants n’acquièrent apparemment le langage, qu’à condition d’être suffisamment tôt en contact et en situation d’échanges, avec leurs semblables, eux-mêmes doués de parole.

Selon Kyra Karmiloff et Annette Karmiloff-Smith (« Comment les enfants entrent dans le langage » chez Retz), l’évolution ne nous a pas permis d’être dotés à la naissance d’une grammaire universelle, mais plutôt d’une capacité à l’acquérir, Toujours selon elles, le langage humain n’est vraiment « nouveau » du point de vue de l’évolution que dans la mesure où il permet de nouvelles utilisations de capacités plus anciennes et qui sont le résultat d’une adaptation graduelle. Les circuits spécialisés pour le traitement du langage, localisés dans le cerveau humain, n’ont donc rien d’inné : ils émergent au cours du développement de l’interaction du cerveau avec l’environnement linguistique.

Mon expérience m’a montré que l’on peut préparer les enfants à l’acquisition de la lecture en les mettant très tôt en contact avec des livres, avec des illustrations, avec des histoires racontées puis lues, avec de l’écrit, des mots notamment, avec les lettres aussi. Avec des adultes ou des enfants plus âgés, sachant lire et servant de médiateurs et de guides, sachant les y intéresser, les faire participer activement, sachant les faire entrer dans l'écrit comme ils les ont fait entrer dans le langage, sachant les faire produire et les accompagner dans leur cheminement.
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es compétences acquises lors de l'acquisition de la parole sont nombreuses. En apprenant à parler, l’enfant à appris à regarder, à observer, à écouter, à imiter, à trier, à sélectionner, à comparer, à déduire, à généraliser, à donner du sens, à deviner, à corriger, à mémoriser, à imaginer, à produire... Tout cela en regardant et en écoutant ses proches et en procédant par essais et erreurs, et tout cela entre sa naissance et deux ans, disons jusqu’à quatre ans, pour un premier niveau de langage. Autant d'atouts pour l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Posté par animotlire à 17:56 - 7°1 Apprendre à lire comme on apprend à parler? - Commentaires [0] - Permalien [#]

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