ANI-MOT-LIRE

Plus qu'un apprentissage de la lecture : une éducation à la lecture. Une démarche novatrice permettant la découverte par les enfants de 5 à 8 ans de notre système de lecture-écriture. Marie-Joëlle Bouchard.

07 décembre 2005

L'ETAPE PRESYLLABIQUE

Première étape:

L'ETAPE PRESYLLABIQUE, où la LECTURE est de type LOGOGRAPHIQUE

Les mots sont alors appréhendés dans leur entier
Exemple:L'enfant qui, vers l'âge de quatre ans, reconnaît le mot MAMAN, ne connaît ni le M, ni le A..., il ne sépare pas les syllabes, il n'entend pas les sons qui le composent. Il s'agit pour lui d'une entité qui représente sa maman. Il peut l'écrire MAMA ou MAMN,ou même NAMAM, pour lui c'est "MAMAN"; la vue qu'il a des éléments du mot est peu précise, et il ne prend pas en compte des notions importantes qui sont la longueur du mot, la place des lettres dans le mot, leur ordre... Or tout ceci est essentiel pour la suite de l'apprentissage.
Il en est de même pour son prénom: très vite, pour le reconnaître, comme pour l'écrire, l'enfant en mémorise quelques lettres, leur forme d'abord, leur nom ensuite, si des adultes ou des plus grands les lui nomment.
Les enfants, mis en présence de mots à lire, se livrent très vite à une ANALYSE VISUELLE DES MOTS, qui se résume alors à l'analyse des formes, des lettres, à laquelle il faudra les aider, si l'on veut que les représentations fausses qu'ils se font de l'écrit soient peu à peu levées.
J'ai travaillé pendant plus de vingt ans sur l'ensemble des prénoms des enfants de chaque classe que j'ai eue, sur d'autres mots aussi (personnages d'albums, noms d'animaux...) pour parvenir avec eux, à en découvrir les différents éléments (les lettres, les syllabes, le rapport aux sons), à discriminer les formes, les lettres et les mots, mais aussi à mettre en évidence les caractéristiques propres à l'écrit, les notions déjà évoquées de longueur, de forme, de position - en haut ou en bas -, de place, d'ordre. C'est nécessaire si l'on veut éviter, en début d'apprentissage, les confusions en tout genre.
Exemple: les enfants confondaient :
garry et grégory, qui commencent et finisent par les mêmes lettres
patrice et  béatrice, ne différenciant pas le p et le b dont la position(haut/bas) de la barre est inversée.
angélique, aurélie et nathalie, à cause du an, du au et du na de la position u/n et de l'ordre an/na.
sébastien, stéphanie, célestine, avec des lettres semblables à la fin, dans un ordre différent, ien, nie, ine.

Si cette étape est essentielle c'est qu'elle permet l'analyse des mots, la discrimination des formes, des lettres, des mots eux-mêmes, en s'appuyant sur tous leurs éléments et caractéristiques propres. Elle permet une meilleure identification et une meilleure mémorisation. Elle permet surtout de définir le concept de mot, ensemble linéaire, orienté et ordonné d'éléments, dont la position, la place et l'ordre sont à prendre en compte.

Je retrouve chaque année en soutien scolaire, chez des enfants de CP et de CE1 en difficulté de lecture, les mêmes confusions, du fait que cette première étape a été occultée et considérée comme ne faisant pas partie de l'apprentissage de la lecture. On considère à tort qu'elle est inutile parce qu'un grand nombre d'enfants opèrent "seuls" cette analyse. On considère implicitement que tous en sont donc capables. C'est doublement faux. Les premiers ont été aidés pour le faire par leur entourage, par les échanges au moment de l'apprentissage de la parole et les compétences qu'ils ont développées alors,  par leur rapport aux livres et à l'écrit... Quant aux seconds, ce n'est ni la méthode globale, ni le b.a-ba, qui les y aidera.

La méthode globale ne doit pas les laisser faire seuls ce travail d'analyse qui n'est pas à leur portée. Sous peine de  les maintenir à ce stade d'appréhension visuelle globale où résident les confusions, à cette première étape de l'apprentissage qu'est l'étape présyllabique. La deuxième étape est celle de la première mise en correspondance de l'oral et de l'écrit, du découpage en syllabes orales et écrites.
La méthode syllabique ou b.a-ba, correspond à la troisième étape, l'étape alphabétique. Commencer par là, c'est occulter toute la période d'analyse, qui au cours des deux premiers stades permet la mise en place de connaissances, de notions et de savoir-faire, pourtant très utiles lors de la période de synthèse qu'est la combinatoire. 
Les méthodes mixtes sont un timide compromis qui ne résoud pas tout.

Les activités menées à ce stade: d'émissions d'hypothèses, de prises d'indices et de vérification, (dans les prénoms, les noms de personnages d'albums ou les animaux Ani-Mot-Lire), permettront la mise en relation signifié, signifiant oral et signifiant écrit.
Les activités de discrimination, d'identification, de mémorisation se feront grâce à l'Ardoise à lire, décrite ultérieurement.
Prénoms et mots seront vus dans les trois écritures pour en faciliter la correspondance. Les prénoms seront parfois présentés sans majuscule à l'initiale, pour une meilleure différenciation des formes, des lettres et des mots. 
L'anticipation se fera oralement à partir de lectures faites par l'adulte, elle se fera grâce à la "l'entrée dans de vrais écrits", c'est-à-dire à la "lecture" de courts passages de poésies, de comptines, de titre d'albums...connus oralement, en tout ou partie, dans lesquels l'enfant aura à se repérer à partir de ce qu'il connaît du texte oral et de l'écrit lui-même, pour établir des correspondances, comparaisons et analogies...
Dans le même temps et parallèlement, de nombreuses histoires lues par l'adulte permettront de se familiariser avec le langage de écrit et d'y prendre plaisir. La lecture des images permettra de développer le langage oral.
Dès le début de l'apprentissage, on devra lier le lire et l'écrire.
La promenade en lecture, le questionnement de l'écrit et la recherche de la compréhension fine des textes, devra se faire dès le début, sur les lectures faites par l'adulte.

Les étapes suivantes de la ligne évolutive, ainsi que les autres points forts de la méthode, tels que l'analyse visuelle des mots, le langage oral et le langage écrit, l'implicite et la pédagogie employée, montreront en quoi la prévention de l'illettrisme demande d'avoir une vue plus riche, plus vaste de l'apprentissage de la lecture.

Posté par animotlire à 14:55 - 4°1 Première étape - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire